
Dans toutes les sociétés, la transmission du savoir est un acte fondamental. C’est grâce à elle que les générations apprennent, que les métiers se perpétuent et que les idées progressent. Pourtant, cette transmission n’est pas toujours claire ni honnête. Elle oscille entre deux pôles opposés : d’un côté, le savoir qui éclaire le profane ; de l’autre, le profane qui obscurcit le savoir.
Quand le savoir éclaire le profane, il se met au service de la compréhension. Le véritable expert ne cherche pas à impressionner, mais à rendre accessible. Il sait que la complexité est réelle, mais il sait aussi qu’elle peut être expliquée avec simplicité. Par des exemples, des images et un langage clair, il permet au non-spécialiste de saisir l’essentiel. Cette démarche n’abaisse pas le savoir ; au contraire, elle en révèle la profondeur. Plus une idée est maîtrisée, plus elle peut être exprimée simplement.

A l’inverse, lorsque le profane tente d’expliquer ce qu’il ne comprend pas vraiment, le discours devient confus. Les mots compliqués remplacent la pensée, les phrases longues cachent le vide, et le jargon donne l’illusion de la compétence. Le savoir n’est plus un outil de compréhension, mais un décor. Dans ce cas, ce n’est pas la réalité qui est complexe, c’est le discours qui est brouillé. Le profane n’éclaire pas : il crée de l’ombre.

Ce phénomène est visible dans de nombreux domaines : à l’école, dans les médias, dans la religion, en politique ou sur les réseaux sociaux. On y trouve souvent des discours très savants en apparence, mais pauvres en sens. Ils impressionnent sans instruire. À l’inverse, un bon enseignant, un bon scientifique ou un bon guide spirituel sait parler simplement, parce qu’il sait de quoi il parle.
La véritable intelligence ne se reconnaît donc pas à la difficulté du langage, mais à sa clarté. Celui qui comprend cherche à faire comprendre. Celui qui ne comprend pas cherche à paraître comprendre. Entre ces deux attitudes se joue une bataille silencieuse : celle de la lumière contre le brouillard.
Ainsi, dans un monde saturé de paroles, il est plus que jamais nécessaire de distinguer le savoir qui éclaire du discours qui obscurcit. Car ce n’est pas celui qui parle le plus difficilement qui sait le plus, mais celui qui rend le monde un peu plus compréhensible pour le profane.
Maître Pofrima Selo, http://www.didaktik.work
Elmshorn, 2026
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